- Liste des 25 hommes qui ont exercé la charge de la 1ère république à la 5ème République
Ière République, Liberté Egalité Fraternité
Georges Jacques Danton comité de salut public
Maximilien de Robespierre comité de salut public
La première république commença avec la déchéance de louis XVI le 22 septembre 1792 et le gouvernement de la convention. En 1793 est créé sous l’impulsion de Robespierre et de Saint-Just, “le comité de salut public”. Commence alors en France la terreur, puis en juin 1794 la grande terreur. Entre 1793 et 1794 40.000 personnes seront guillotinées, fusillées ou noyées, Robespierre sera arrêté et guillotiné le 27 juillet 1794. Le “Directoire” est chargé de gouverner la France. il sera renversé par le general Bonaparte qui organise un coup d’État et créé le “Consulat”. Celui-ci prendra fin avec l’avènement du Ier Empire.
IIème république, Le Prince Président
* Louis-Napoléon Bonaparte ( 1848 -1852 )
Est né le 20 avril 1808 à Paris ( Seine ). C’est le neveu et l’héritier de Napoléon 1er. Il tente à deux reprises de renverser le pouvoir en 1836 et 1840, ce qui le conduit à l’exil. La révolution de 1848 et l’avènement de la République l’autorise à regagner la France. Il se présente à l’élection de la Présidence de la République du 10 janvier 1848 et est élu avec 5 400 000 voix contre Cavaignac ( 1 500 000 voix ).
Son règne se caractérise par son autoritarisme et par l’élimination de ses principaux opposants ( démocrates comme conservateurs ). Il est à l’origine d’une nouvelle constitution qui maintient nominalement la République mais qui renforce considérablement les prérogatives de président.
Les 21 et 22 novembre 1852, il organise un plébiscite qui va rétablir l’Empire?
Troisième République ( 1870 1940 )
* Adolphe Thiers ( 1871 - 1873 )
Est né à Marseille le 15 avril 1797, licencié en droit, il commence sa carrière politique dans l’opposition à Charles X. Il est élu député d’Aix en Provence en août 1848 puis occupe plusieurs postes ministériels. Il est deux fois président du conseil en 1836 et 1840 où il défend une politique en opposition avec le roi. Réelu député après la révolution en 1848, il soutient la candidature de Louis Bonaparte, puis s’en écarte par la suite. A partir de 1869, il s’oppose fermement à la politique de Napoléon III.
En 1871, après la défaite de Sedan contre l’Allemagne, il est élu chef du pouvoir exécutif de la République Française et est de ce fait à la fois chef de l’Etat et du Gouvernement. C’est lui qui impose la ratification du traité de Francfort qui permet le rattachement à l’Allemagne de l’Alsace et de la Lorraine. Après une période de violence ( insurrection et répression de la Commune en mai 1871 ), Thiers obtient par la majorité conservatrice de l’assemblée nationale le titre de Président de la République le 31 août 1871. En 1873, la droite qui lui reproche de pérenniser la République le contraint à demissionner de ses fonctions ( 24 mai 1873 ). Il finit sa carrière politique comme opposant aux monarchistes au sein de l’Assemblée.
* Patrice de Mac-Mahon ( 1873 - 1879 )
Est né le 13 juillet 1808 dans une famille d’origine irlandaise. Après diverses campagnes à l’étranger, il est nommé gouverneur général de l’Algérie. Après la défaite de Sedan, il organise la répression contre la Commune de Paris. Il se fait élire Président de la République lorsque Thiers démissionne; sa présidence est symbolisée par le thème de l’ordre moral. En 1875, il fait voter des lois constitutionnelles qui instaurent pour sept ans à la majorité absolu des élus : Le Président de la République.
Les élections de 1876 et de 1879 qui se caractérisent par la victoire des républicains provoquent la démission de Mac-Mahon en 1879.
* Jules Grévy ( 1879 - 1887 )
Est né le 15 août 1807 à Mont sous Vaudrey ( Jura ) dans une famille bourgeoise. Après des études de droit, il plaide pour les opposants aux monarchistes. Sous la République de 1848, il est élu député du Jura et participe aux prératifs de la constitution.
En 1876, il devient Président de l’Assemblée Nationale et il est élu Président de la République le 30 janvier 1879 après la démission de Mac-Mahon. Son élection scelle définitivement la République. Il aura une influence limitée sur le gouvernement et se montrera toujours très discret dans ses fonctions. Il est réelu en 1885 mais se trouve impliqué par le scandale des trafics d’influence et de décorations orchestré par son gendre D.Wilson. Il démissionne le 2 décembre 1887.
* Marie-François Sadi Carnot ( 1887 - 1894 )
Est né le 11 août 1837 à Linage. Fils de Lazard Carnot, lui-même homme politique de gauche, ancien ministre et député, Sadi Carnot est ancien élève de Polytechnique et de l’école des Ponts et Chaussées. Il est nommé préfet de la Loire inférieure par le gouvernement provisoire en 1871, puis il est élu député de la Cote d’Or. Il devient sous-secrétaire d’Etat puis ministre des Travaux Publics ( 1880 ), ministre du Commerce, puis des Finances ( 1885 ). Elu Président de la République après la démission de J.Grévy, le 3 décembre 1887, il cherche à donner une image forte de la France et de la République.
Il est assassiné par un anarchiste italien à Lyon le 25 juin 1894.
* Jean Casimir Perier ( 1894 -1895 )
Est né le 8 novembre 1847 à Paris dans une famille de notable dauphinois. Son grand-père fut ministre de Louis Philippe et son père député et ministre de Jean Casimir-Perier se distingue dans la guerre de 1870.
Il travaille dans le cabinet de son père, nommé ministre de l’intérieur sous la présidence de Thiers.
Elu député de l’Aube en 1876, il devient sous-secrétaire d’Etat à la guerre. Il est Président de la Chambre des députés en janvier 1893, Président du conseil de décembre 1893 à mai 1894 puis redevient Président de la Chambre.
Après l’assassinat Sadi Carnot, il apparaît comme l’homme qu’il faut pour occuper les fonctions de Président de la République et pour rassurer l’opinion. Il est élu à 47 ans, le 27 juin 1894 au premier tour.
Il fut par la suite durement critiqué par les socialistes et la presse populaire, ce qu’il supporta mal. Il préfère démissionner et se retirer de la vie politique.
* Félix Faure ( 1895 - 1899 )
Est né le 30 javier 1841 à Paris dans une famille d’artisans. Après avoir commencé sa vie professionnelle comme ouvrier, il la pursuivit dans le commerce. Il commence sa carrière politique en 1881, année où il est élu député. Régulièrement réélu, il occupe par la suite plusieurs postes ministériels. Il est élu Président de la République le 17 janvier 1895 avec les voix des républicains modérés et des monarchistes. Sa politique favorisa l’expansion coloniale avec l’annexion de Madagascar.
Il a joué un rôle important dans l’affaire Dreyfus en s’opposant à la révision du jugement.
Il meurt d’une hémoragie cérébrale le 16 février 1899.
* Emile François Loubet ( 1899 - 1906 )
Est né le 31 décembre 1838 à Marsanne ( Drôme ) dans une famille d’agriculteurs. Maire de Montélimar depuis 1870, il est élu député en 1876, puis sénateur en 1885. Il occupe plusieurs postes ministériels puis est élu Président du sénat en 1896. Après la mort de Félix Faure, soutenu par la gauche et les modérés, il est élu Président de la République le 18 février 1899. Il prend position pour la révision du procès Dreyfus et accepte de le gracier. Il est durement critiqué par les nationalistes qui organisent de nombreuses manifestations. Il a néamoins une présidence discrète, laissant gouverner Emile Combes et Waldeck-Rousseau. Il se retire à Montélimar dès la fin de son mandat en 1906.
* Armand Fallières ( 1906 - 1913 )
Est né le 6 novembre 1841 à Mézin ( Lot et Garonne ), fils d’un greffier de justice. Il fait des études de droit et s’inscrit au barreau de Nérac. Il est élu député en 1876, devient sous-secrétaire d’Etat en 1881 et occupe ensuite plusieurs postes ministériels. En 1890, il est élu sénateur et occupe le poste de Président du sénat à partir de 1899. Candidat de la gauche aux présidentielles de 1906, il est élu au premier tour, le 17 janvier.
Il conduisit une politique de ” laïcisation ” et chercha à se montrer proche des Français. Il contribua à renforcer l’armée française à l’approche de la guerre tout en essayant de jouer un rôle de conciliateur.
Il quitte la vie politique à la fin de son mandat.
* Raymond Poincaré ( 1913 - 1920 )
Est né le 20 août 1860 à Bar-le-Duc ( Meuse ). Après des études de droit et de lettres, il devient clerc d’avoué. En 1886, il est engagé dans le cabinet de Jules Develle au ministère de l’Agriculture. Il est élu par la suite député de Commercy et se spécialise sur les questions financières. Il est nommé ministre de l’Instruction Publique ( 1893 ), puis des Finances ( 1894 ) et de nouveau de l’Instruction Publique.
Après quelques années passées en retrait de la vie politique, il est élu sénateur en 1903. En 1912, le Président de la République Fallières, inquiet d’une instabilité parlementaire qui affaiblissait la France au moment de la guerre, lui demande de former un gouvernement durable avec des hommes représentatifs des principales tendances de la Chambre. Il se réserve dans ce gouvernement, les Affaires Etrangères et en profite pour renforcer les liens avec ses alliés anglais et russe.
Il est élu Président de la République le 17 janvier 1913 avec les voix des modérés et de la droite. Pendant la guerre, son action est largement effacée et le Président du Conseil, Georges Clémenceau dirigea le pays sans consulter Poicaré. Ce dernier n’a eu en effet aucune influence ni sur les opérations militaires, ni sur le traité de paix.
Il termine sa vie politique comme sénateur en juillet 1929.
* Paul Deschanel ( 1920 )
Est né le 13 février 1855 à Schaerbeek-les -Bruxelles ( Begique ), ville où son père était éxilé après le coup d’état du 2 décembre 1851. De retour en France, il passe une licence en lettre et se mêla à la vie politique de la capitale. Avec la République, il fit carrière comme préfet.
A partir de 1885, il est constamment réélu député d’Eure et Loire. Il n’adhéra jamais à aucun groupe dans la Chambre des députés mais ses positions de républicain modéré, conservateur, en fait le candidat idéal de la majorité ” Bleu horizon ” des élections de 1919, hostile à Clémenceau. Il est élu Président de la République le 17 janvier 1920. Mais de graves troubles psychologiques le font démissionner le 21 septembre 1920.
* Alexandre Millerand ( 1920 - 1924 )
Est né le 10 février 1859 à Paris ( Seine ) dans une famille de commerçants. Il fait une carrière d’avocat au barreau de Paris comme spécialiste des questions de droit di travail. Il est élu député de Paris en 1885 sous l’étiquette radicale-socialiste.
Il fut nommé ministre du Commerce en 1899 par Waldeck-Rousseau, ce qui entraîne une polémique car il cotoye au gouvernement un homme comme Gallifet qui avait réprimé les Communards. Millerand est alors exclu de la fédération socialiste en 1904 et il s’écarta par la suite de l’extrême gauche. Motivé par les questions de défense du pays, il contribue à rallonger la durée du service militaire et est deux fois ministre de la Guerre ( Janvier 1912- Janvier 1913 et Août 1914 - Octobre 1915 ). Il est nommé commissaire général de la République en 1919 avec pour mission de réintégrer L’Alsace - Lorraine dans le territoire français.
En novembre 1919, il est élu député du Bloc national républicain qui regroupe les principales composantes de la droite. Il devient dans la foulée ministre des Affaires Etrangères.
Le 22 décembre 1920, il succède à Paul Déchanel comme Président de la République ( élu au premier tour ).
Ayant une conception large de ses compétences, ses relations furent difficiles avec les présidents du conseil, particulièrement avec A.Briand et R.Poincaré. Le triomphe du ” cartel des gauches ” aux élections législatives de mai 1924, alors que Millerand a pris parti pour le ” Bloc national ” le pousse à démissionner le 11 juin 1924.
Il est par la suite élu sénateur de la Seine en 1925.
* Gaston Doumergue ( 1924 - 1931 )
Est né le 1er août 1863 à Aigues-Vives ( Gard ) d’une famille de cultivateur. Il fait ses études de droit à Patris et s’inscrit en 1885 au barreau de Nîmes. Il devient député du Gard en 1893 et se joint au groupe Radical.
Spécialiste des questions coloniales, il est nommé ministre des Colonies par E.Combes ( 1902 - 1905 ). Il occupe ensuite les fonctions de ministre du Commerce, de l’Industrie et du Travail ( 1906 - 1909 ), puis ministre de l’Instruction Publique ( 1909 - 1910 ). Il devient sénateur du Gard avant de devenir en 1913, Président du Conseil, à la tête d’un gouvernement d’entente républicaine dans lequel il détient le portefeuille des Affaires Etrangères. Il occupe ce portefeuille au début de la guerre ( après une brève démission ) avant de le tronquer pour celui des Colonies ( 1915 - 1917 ). En 1923, il est nommé Président du sénat.
Pour succéder à Millerand qui vient de démissionner après la victoire du ” cartel des gauches ” en 1924, la droite et le centre vont soutenir Doumergue contre le candidat de gauche. Il l’emporte au premier tour ( 515 voix sur 860 ). Allié avec R.Poicaré, il est partisan d’une politique de fermeté vis-à-vis de l’Allemagne et cherche à renforcer le potentiel militaire de la France.
G.Doumergue se retire en province, à la fin de son mandat ( juin 1931 ). Rappelé par A.Lebrun pour former un gouvernement de trêve, d’apaisement et de justice après les émeutes de février 1934, sonretour est néamoins un échec et il démissionne en novembre 1934.
* Paul Doumer ( 1931 - 1932 )
Est né le 22 mars 1857 à Aurillac d’une famille modeste. Etudiant en mathématique et en droit, il commence sa vie proffessionnelle comme professeur de mathématique. Participant à des journaux radicaux, il est ensuite élu au conseil municipal de Saint Quentin en 1883, puis député de Laon en 1888. Spécialiste des questions budgétaires à la Chambre, il devient ministre des Finances ( 1895 - 1896 ).
Il occupe par la suite les fonctions de gouverneur général de l’Indochine de 1897 à 1902, puis revenu en France, il est Président de la Chambre en 1905. En 1912, il est élu sénateur de Corse, et de 1927 à 1931, il préside le sénat. En 1931, soutenu par la droite, il est élu Président de la République contre Aristide Briand, le 13 mai. Il doit alors faire face à la crise économique qui s’aggrave et à de nombreuses crises politiques.
Le 6 mai 1932, il est assassiné par un déséquilibré.
* Albert Lebrun ( 1932 - 1940 )
Est né le 20 août 1871 à Mercy-le-Haut ( Meurthe et Moselle ) dans une famille de cultivateurs. Après des études à Polytechnique puis à l’école des Mines, il devient ingénieur du corps des Mines.
Il est élu député de Briey sous l’étiquette républicain de gauche. Vice-Président de la Chambre des députés en 1913, il occupe par la suite le ministère des Colonies. Après un bref intermède comme commandant d’artillerie de réserve, il est rappelé à la Chambre ( 1915 ) pour occuper en 1917 le portefeuille des régions libérées ( 1917 - 1919 ). Il est ensuite sénateur en 1920, puis Président du sénat en 1931.
Il est élu Président de la République le 10 mai 1932 sans opposant à la suite de l’assassinat de P.Doumer afin de donner à cette élection une impression d’unité nationale. Il sera un Président discret, sa seule initiative marquante étant le rappel de G.Doumergue comme chef du gouvernement en 1934. A la fin de son premier mandat et après des hésitations, il se représente contre l’oppostion. Il est réélu au premier tour.
En 1940, pendant la débâcle, bien qu’il souhaite continuer la lutte en Afrique du Nord, il fait appel au Maréchal Pétain. Il ne s’oppose pas à la révision constitutionnelle prôné par Laval. Pétain obtient les pleins pouvoir le 10 juillet 1940 et l’article 2 de la loi du 25 février 1875 relatif au Président de la République est abrogée. Lebrun doit alors se retirer. A la fin de la Guerre, Lebrun qui n’avait pourtant pas démissionné ne retrouvera pas ses fonctions comme il avait espéré.
Etat Français
* Philippe Pétain ( 1940 - 1944 )
Est né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour ( Pas de Calais). Ayant reçu une éducation catholique, il sert la messe comme enfant de choeur durant sa jeunesse. Impressionné par les récits de son oncle qui a servi dans la Grande Armée de Napoléon et très marqué par la guerre de 1870 alors qu’il a quatorze ans, il décide d’être soldat.
A partir de 1876, il est élève à l’Ecole Spéciale militaire de Saint-Cyr. Il y entre parmi les derniers ( 403ème sur 412 ) et en sort en milieu de classement ( 229èmme sur 336 ). Il est affecté à différentes garnisons mais ne participe à aucune des campagnes coloniales. En 1901, il occupe un poste de professeur adjoint à l’ Ecole de Guerre. Il y retournera de 1904 à 1907 puis de 1908 à 1911 en tant que titulaire de la Chaire de tactique de l’infanterie. Le 20 Octobre 1912, il est le premier Chef d’Unité à Arras, de celui qui deviendra le général de Gaule, alors sous lieutenant.
Pétain préconise la manoeuvre, la puissance matérielle, le mouvement, l’initiative :” le feu tue “. A 58 ans, en juillet 1914, le colonel Pétain s’apprêtait à prendre sa retraite après une carrière relativement médiocre, le ministre de la Guerre ayant refusé sa nomination au grade de général.
Les prémices de la 1ère guerre mondiale se faisant ressentir, il est promu général en 1914, vainqueur de la bataille de Verdun en 1916, il devient Commandant en Chef des armées françaises en 1917. Il est nommé Maréchal au lendemain de la victoire. Après avoir rétabli la situation dans la guerre du Rif ( 1925 ), il devient ministre de la Guerre en 1934. Ambassadeur à Madrid ( 1939 ), il est appelé au gouvernement, après la rupture du front français, en tant que vice-président du Conseil le 17 mai 1940 dans le gouvernement de Paul Reynaud. Franco lui avait conseillé de ne pas accepter sa caution à ce gouvernement. Le 14 juin 1940, Paris est occupé par l’armée allemande. Le gouvernement, le Président de la République et les Assemblées sont alors réfigiés à Bordeaux.
Dès son arrivée au gouvernement, Pétain se fait un des avocats les plus constants de l’armistie auprès du président du Conseil Paul Reynaud. Ainsi, il met plusieurs fois sa démission dans la balance et déclare qu’il n’est aucunement question pour lui de quitter la France pour poursuivre la lutte.
Le 16 juin 1940, Paul Reynaud présente sa démission du gouvernement et suggère en cela par les présidents du Sénat et de la Chambre des députés de confier la présidence du Conseil au maréchal Pétain. Choix aussitôt approuvé par le Président de la République Albert Lebrun. Pétain est alors vu par beaucoup comme l’homme providentielle. Charles Maurras salue son arrivée comme ” divine surprise “.
Investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale ( 569 voix pour, 80 contre), le 10 juillet 1940, il devient à 84 ans, Chef de l’ Etat français à Vichy. A l’intérieur, il lance une politique de la ” Révolution nationale “. A l’extérieur, il s’engage dans la politique de collaboration. Resté à son poste après l’occupation de la zône libre, en novembre 1942, il est de plus en plus dépendant des allemands qui l’emmènent dans une retraite en août 1944. Transféré à Sigmaringen, il rentre en France en avril 1945. Jugé par la Haute Cour de Justice, condamné à mort, il voit sa peine commué en détention perpétuelle à l’ile d’Yeu.
Gouvernement Provisoire
* Charles de Gaule ( 1944 - 1946 )
Le 3 juin 1944, le général de Gaule forme le premier gouvernement provisoire. Le 14 juin de la même année, Charles de Gaule arrive à Bayeux libéré par les américains. Le 26 juin, il signe l’ordonnance instituant les cours départementales de justice pour juger les faits ” révélant l’intention de favoriser les entreprises de l’ennemi “. Le 27 juin, il signe l’ordonnance sur l’épuration administrative. Le 9 août, l’ordonnance rétablissant l’égalité républicaine, le 31 août : le Gouvernement Provisoire de la République Française s’installe à Paris. Le septembre 1944 est la date officielle du début du gouvernement provisoire. Le 15 septembre , il crée les Cours Spéciales de Justice dans le cadre de l’épuratrion. Le 5 octobre, il signe l’ordonnance donnant aux femmes le droit de vote. Le 18 novembre, il institue une Haute Cour de Justice pour juger les Hauts Responsables du gouvernement de Vichy. Le 26 novembre, il crée le MRP. Le 14 novembre, il nationalise les ressources énergétiques avec la création des ” Houillères Nationales du Nord et du Pas de Calais “. Le 16 janvier 1945, il nationalise les usines Renault et crée la Régie Renault. Le 22 février, il crée les Comités d’Entreprises dans les établissements de plus de cent salariés ( au moins 50 à partir de mai 1946 ). Le 3 mars, il crée l’école primaire unique. Le 9 avril, il nationalise Gnome et Rhône et Air France ( le 16 juin ).
Le 29 avril, élection municipales: les femmes votent pour la première fois. Le 16 mai, la France reçoit un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Du 23 juillet au 15 août, le procès du maréchal Pétain, condamné à mort, sa peine est commuée en détention perpétuelle le 23 août. Le 4 octobre, c’est le début des ordonnances sur la Sécurité Sociale et la création de l’ENA. Du 4 au 8 octobre, c’est le procès de Pierre Laval qui est condamné à mort. Le 15 octobre se sont les éxécutions de Joseph Darnand, Chef de la milice française et de Pierre Laval. Le 18 octobre, il crée le Commissariat à l’Energie Atomique ( CEA ). Le 21 octobre se déroule l’élection de la première Assemblée constituante, large victoire de la Gauche. Les femmes avaient le droit de vote pour la première fois à un référundum.
Le 2 novembre 1945, c’est la fin du premier gouvernement provisoire de Charles de Gaule et forme le deuxième gouvernement. Ce deuxième gouvernement, formé le 13 novembre, est caractérisé par l’entrée de quatre ministres communistes ( Maurice Thores, Ambroise Croizat, François Billoux et Charles Tillon ). Après leur forte progression aux élections d’octobre 1946 ( 26% des voix et 160 sièges ), ils revendiquent hautement la direction du gouvernement.
De Gaule met tout son poids dans la balance et réussit à limiter pour quelques temps leur influence au gouvernement mais ne pourra pas empêcher le retour de la ” République des partis ” du jeu politicien. C’est ce qui motivera trois mois plus tard son départ. Le 21 novembre, son gouvernement est composé par trois partis: le MRP ( gaullistes ), la SFIO ( socialistes ) et le PCF ( communistes ). Le 2 décembre, il nationalise la Banque de France et les grandes banques de dépôt. Le 21 décembre, il crée le Secrétariat Général au Plan. Sous le régime du général De Gaule, l’inflation est de 48%. Il instaure une taxe sur les loyers. En 1946, il nationalise les Houillères qui deviennent ” Charbonnages de France “.
Le 20 janvier 1946, c’est la chute du gouvernement de Charles de Gaule et le début du gouvernement de Félix Gouin.
* Félix Gouin ( 1946 )
Est né le 4 octobre 1884 à Peypin ( Bouche du Rhône ). Fils d’intituteurs laïque, il se tourne vers des étudesde droit à Aix en Provence où il est boursier. Il obtient la licence. En 1902, il s’inscrit au grand cercle socialiste de Marseille. Avocat, il est inscrit au barreau de Marseille de 1907 à 1953. Il est mobilisé dans une unité de combat pendant la première guerre mondiale.
En 1940, il fait parti des quatre-vingt parlementaires à refuser les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Au procès de Riom, il assure la défense de Léon Blum dont il est l’ami intime.
Dès 1942, il reconstitue clandestinement le Parti Socialiste ( SFIO ), avec Daniel Mayer, président de la ligue des Droits de l’Homme, mais il est incarcéré pendant trois mois dans un camp à Miranda ( Espagne ), alors qu’il cherchait à rejoindre l’Angleterre. Il rejoint finalement Londres, où il préside la Commission de réforme de l’Etat qui établit entre autres le texte instituant une Assemblée consultative provisoire. Le 10 novembre 1943, il est élu président du Comité français de la Libération nationale d’Alger.
En octobre 1944, il est élu président de l’Assemblée provisoire de Paris, puis en 1945, il est élu député de Marseille ( tête de liste socialiste ) à la première Assemblée consultative, dont il est président.
En 1946, il est président du troisième gouvernement provisoire ( par 497 voix contre 35 à Michel Clémenceau - PRL -, 17 à Jacques Bardoux, 3 au général de Gaule et 3 abstentions ). Il se réserve le ministère de la défense nationale. Le 29 janvier, présentation du gouvernement devant l’assemblée ( 23 communistes, socialistes et MRP ). La confiance est voté à 503 voix contre 44. Sa présidence fut discrète et s’acheva le 23 juin 1946.
* Georges Bidault ( 1946 )
Est né le 5 octobre 1899 à Moulins ( Allier ), il fit ses études primaires et secondaires en Italie du Nord, dans le couvent de Bollengo, occupé par les jésuites français chassés par la politique anticléricale de la IIIème République. Ses premières convictions politiques semblent avoir été forgées par la lecture d’une biographie du catholique libéral Charles de Montalembert. Licencié d’Histoire à 18 ans, il est reçu à l’agrégation d’histoire en 1925, avec le rang de major, devant Pierre Brossolette et Louis Joxe. Professeur d’histoire à Reims entre 1926 et 1931, il y noue des liens étroits avec l’un des élèves, le futur sociologue Roger Caillois. Nommé en 1931 au lycée Louis-le-Grand à Paris, il a pour élèves le futur journaliste Jean Ferniot et le futur écrivain Jean d’Ormesson. Membre de l’Association catholique de la jeunesse française ( ACJF ) après la première guerre mondiale, il adhère au Parti démocrate populaire ( PDP ) en 1931. C’est comme éditorialiste du quotidien catholique de l’Aube à partir de 1934 qu’il se fait connaître. Il sera en 1936, candidat de ce parti aux élections législatives, dans l’Orne, mais sera battu dès le premier tour.
Résistant sous l’occupation, dans le réseau ” Combat ” à Lyon, il succède à Jean Moulin en juin 1943, comme président du Conseil national de la Résistance. Il est un des fondateurs du MRP. Il devient député de la Loire en 1945. Du 10 septembre 1944 au 23 juin 1944, il fut ministre des Affaires étrangères. Il devint Président du Gouvernement Provisoire le 24 juin 1946 jusqu’au 16 décembre 1946. Une présidence qui ne fera pas date dans l’histoire.
* Léon Blum ( 1946 - 1947 )
Est né le 9 avril 1872 à Paris ( Seine ). Elève du lycée Henri IV, il y rencontre l’écrivain André Gide et publie ses premiers poèmes à l’âge de 17 ans. Il est admis en 1890 à l’Ecole Normale Supérieure. Mais, il se désintéresse des cours et est exclu de Normale Sup à la fin de la première année, ayant échoué à l’examen de la licence ( un échec entraînait alors l’exclusion de l’Ecole ). Il entreprend des études de Droit et de Littérature à la Sorbonne en visant une carrière de fonctionnaires. Il fut licencié en Lettres en 1891 et en Droit en 1894. Léon Blum est reçu deuxième à la présentation du concour du Conseil d’Etat à l’âge de 25 ans en décembre 1895. Il y fera une brillante carrière, près de 25 années, seulement interrompue par ses fonctions de Chef de Cabinet de Marcel Sembat, ministre socialiste des Travaux Publics en 1916 dans le Cabinet Viviani.
Il respectait la religion juive de ses pères, il se sentait juif et français car il pensait que l’un n’empêchait pas l’autre et par la suite, s’engagea dans beaucoup de mouvements sionistes après la guerre. Pour une grande partie de la population juive, Blum était un homme politique comme les autres. Il souffrit très tôt de l’antisémitisme.
Léon Blum se lança réellement en politique durant l’affaire Dreyfus de 1894 à 1906, et c’est grâce à sa rencontre avec Jean Jaures en 1897 que son action militante à la section française de l’Internationale ouvrière ( SFIO ) commença vraiment. C’est en compagnie de Jaures qu’il participa à la fondation de l’Humanité en 1904. c’est aussi durant l’affaire Dreyfus que Blum rompit avec Maurice Barres, qu’il considérait jusqu’à lors comme son maître en littérature.
Jaurès laissa à Blum un grand héritage idéologique. C’est en effet en août 1914 qu’il devient chef de Cabinet de Marcel Sembat, après avoir été réformé pour cause de myopie. Il quitte le cabinet de Sembat en même temps ( 1917 ) et retourna travailler au Conseil d’Etat.
Blum ne cessa de soutenir l’effort de guerre et la politique de l’Union Sacrée. C’est seulement à l’occasion des élections de 1919 ( et même un peu avant ) que Léon Blum accéda au cercle dirigeant de la SFIO. Lors du congrès d’avril 1919, Blum tenta de préserver les acquis de Jaurès et d’insuffler aux socialistes une approche progressive de la révolution dans les domaines sociaux, économiques et politiques. C’est grâce à lui que le parti socialiste conserva une apparence d’unité lors de ces élections. La droite l’emporta néamoins. Blum fut élu pour la première fois député de la Seine; il démissionna du Conseil d’Etat. Il devint ensuite secrétaire, puis président du groupe parlementaire socialiste.
Lors du Congrès de Tours, Blum refusa de suivre la majorité en faveur de l’adhésion à la IIIème Internationale. Remarquablement lucide sur la Révolution Bolchévique et son caractère anti-démocratique, il prononça un discours prémonitoire sur l’avenir de l’URSS, mais il ne put empêcher l’inévitable scission.
Après l’épisode du congrès de Tours, Blum n’exclut pas des ententes préélectorales avec les radicaux, la SFIO soutenant d’ailleurs en 1924, le gouvernement radical d’Edouard Herriot sans y participer. Début juin 1934, des contacts se nouèrent entre la SFIO et le PCF, les négociations avancèrent vite grâce à des concessions mutuelles ( le PCF étant poussé dans certains cas par l’IC ). Pour la première fois depuis la scission de Tours, ils sont liés par un engagement politique mutuel. L’accord conclu le 27juillet n’avait pas de finalité électorale directe mais était orienté vers l’action. Durant les élections cantonales d’octobre 1934, le désistement réciproque accepté pour la première fois fit progrésser les deux partis alors que les radicaux régressaient.
C’est le dirigeant communiste Maurice Thorez qui, par des articles dans l’Humanité, appela à la formation d’un large ” Front Populaire “. Léon Blum constitua un gouvernement ” de Front populaire ” de 1936 à 1937. Blum remit sa démission en 1937 et fut remplacé par un gouvernement radical. En mars 1938, il forma son deuxième gouvernement avec la participation de Pierre Mendès France comme sous-secrétaire d’Etat au Trésor, mais il fut renversé en trois semaines par le sénat. La défaite définitive du Front Populaire eut lieu en septembre-décembre 1938 avec l’arrivée au pouvoir d’Edouard Daladier. Le bilan du Front Populaire est mitigé, mais cette brève expérience permettait tout de même un nombre important d’avancées dans de nombreux domaines, en particulier dans le domaine social: congés payés, semaine de quarante heures, établissement des conventions collectives, prolongement de la scolarité à 14 ans, etc…. La relance des dépenses d’armement , prioritaire même devant les dépenses sociales.
Blum condamna l’attitude du PCF face au pacte germano-soviétique, attitude qui provoqua le départ d’un certain nombre de communistes qui se tournèrent vers la SFIO, avec l’aval de Léon Blum, mais contre l’avis d’autres socialistes. Léon Blum se mit aussi à dos une partie des socialistes à cause de ses positions pacifistes. Il semble qu’il ne se rendait pas bien compte de la guerre en préparation et étant beaucoup plus optimiste qu’il ne l’aurait fallu.
Durant le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, Léon Blum fit parti des 80 parlementaires de l’Assemblée nationale qui votèrent contre. A ce moment, une partie de la SFIO était déjà en Angleterre. Il fut arrêté chez son ami Eugène Montel le 15 septembre 1940, interné au château de Charzeron, puis à Bourassol. Ses lieux de détention deviennent le lieu de ralliement des socialistes résistants, comme Jean Pierre Bloch, Félix Gouin ou André Philip. Léon Blum se tient informé de la situation exacte et exhorte ses camarades à résister. Il fut traduit devant la cour de Riom mais sa défense, et celle de Daladier, fut si efficace et si courageuse que le procès fut suspendu sine die. Au-delà de ces deux hommes, c’étaient les présidents du Conseil et les membres du Front Populaire qui étaient visés.
Blum fut transféré au fort de Portalet puis livré par Pierre Laval aux nazis et déporté en mars 1943 dans une petite maison forestière à Buchenwald séparée de quelques centaines de mètres du camp. Son frère René Blum, fondateur du Ballet de l’Opéra à Monté Carlo, fut assassiné à Auschwitz.
Léon Blum dirigea le dernier gouvernement provisoire avant l’instauration de la IVème République de décembre 1946 au 15 janvier 1947.
Quatrième République ( 1947 - 1959 )
* Vincent Auriol ( 1947 - 1954 )
Est né le 27 août 1884 à Revel ( Haute Garonne ). Après des études de droit et de philosophie, il s’inscrit au barreau de Toulouse où il se spécialise dans les conflits du travail. En 1909, il participe au lancement d’un journal, le midi socialiste. A partir de 1917, il est constamment réélu député socialiste à Muret. Il se distingue à la Chambre sur les questions financières et relatives aux réparations allemandes.
Au congrès de Tours, où se produisit la scission du parti socialiste et la création du parti communiste, il choisit de rester à la SFIO.
Avec le succès du Front Populaire de 1936, il est nommé par Léon Blum, ministre des Finances. En 1940, Auriol est l’un des 80 députés qui refusent les pleins pouvoirs à Pétain.
Pendant la guerre, condamné à rester à résidence, il préfère entrer dans la clandestinité puis rejoint De Gaule à Londres.
Il est élu membre de l’Assemblée consultative provisoire en 1945, participe au gouvernement de De Gaule, puis élu député en 1946 et désigné comme président de la prmière assemblée de la IVème République.
Le 16 Janvier 1947, le Congrès regroupant les deux chambres le fait élire Président de la République. Il est le premier Président de la République socialiste. Il s’appliqua à répondre aux préoccupations des français. Il eut néamoins une influence importante sur l’action de l’Etat notamment en politique étrangère. Il ne se représente pas au terme de son mandat et en 1953, se retire de la vie politique.
* René Coty ( 1954 - 1959 )
Est né au Havre le 20 mars 1882. Après des études de droit où il s’inscrit au barreau du Havre où il se spécialise en droit commercial et maritime. Bien que réformé, Coty s’engage en 1914, fait toute la guerre et reçoit la croix de guerre.
Aidé par J.Siegfried député-maire du Havre, il entre au conseil municipal de cette ville, puis la mort de ce dernier, il prend sa place à la Chambre.
Constamment réélu, il passe ensuite au sénat en 1935. Il critique l’expérience du Front Populaire et évolue vers la droite.
Il vote en 1940 pour l’octroi des pleins pouvoirs à Pétain.
Après la guerre, il est élu aux deux assemblées constituantes et il cherche à renforcer l’executif et à accroître les pouvoirs du sénat. Il travaille brièvement auprès de R. Schuman ( ministre de la reconstruction ) et revient au Conseil de la république ( Ex sénat ).
Le 17 décembre 1953, le Congré se réunit pour désigner le successeur de V. Auriol et après douze tours sans résultat, Coty soutenu par les modérés est finalement élu. Coty doit faire face à la guerre d’Algérie et à une succession de crises minitérielles.
Le 13 mai 1958, l’investiture de P. Pflimin ( suspecté de sympathie avec la rebellion algérienne ) provoque un putch militaire en Algérie. R. Coty fait alors appel à De Gaule qui est élu Président du Conseil. De Gaule fait alors voter par référundum une nouvelle constitution qui marqua la fin de la IVème république. Coty met alors fin à ses fonctions et se retire au Havre.
Cinquième République ( Depuis 1959 )
* Charles de Gaule ( 1959 - 1969 )
Est né à Lille le 22 novembre 1890. Son parrain n’était autre que le maréchal Pétain. Après des études à Saint Cyr, il s’illustre pendant la guerre de 1914 - 1918, notamment sous les ordres de Pétain. Il travaille ensuite auprès de ce même Pétain au Conseil supérieur de la Défense nationale. Il défend alors dans des ouvrages militaires une conception de la guerre basée sur la mobilité, s’opposant ainsi à la politique de l’Etat-major.
Nommé colonel en 1937, il est affecté en Alsace, à la tête d’une division de blindés avec laquelle il remporte des succès militaires en 1940. Il est général à titre provisoire. Le 5 juin 1940, le chef du gouvernement Reynaud le charge du sous-secrétariat à la Guerre et à la Défense.
Avec Churchill, il envisage dès cette époque la continuation de la guerre à l’Allemagne hors de la métropole. Quand l’armistice est signé, De Gaule fuit devant l’ennemi et se réfugie en Angleterre. Le 18 juin 1940, il lance le fameux appel demandant au peuple français de résister à l’occupant. Avec les éxilés à Londres, il rallie l’Afrique tropicale. Grâce à l’appui de la résistance française de l’intérieur, il est pris au sérieux par Roosevelt comme chef de la lutte armée française.
Il devient au moment du débarquement chef du gouvernement provisoire de la République française et son retour à Paris le 25 août 1944, une fois Paris libéré par les soldats français sous les ordres du maréchal Leclerc.
L’Assemblée constituante élue en novembre 1945 le confirme comme chef du gouvernement provisoire. Il souhaite la mise en place d’une république présidentielle, mais se heurte à une forte hostilité à ce projet et il préfère démissionner.
Lors du discours à Bayeux, le 16 juin 1946, De Gaule se prononce contre la IVème république.
Il crée en 1947, le Rassemblement du Peuple Français et remporte de grands succès électoraux aux municipales de 1947 et aux législatives de 1951 mais sans pouvoir trouver une majorité à la Chambre. Il se retire alors à Colombey-les-deux-Eglises où il écrit notamment ses Mémoirs de guerre.
Lors des évènements de 1958, les généraux qui déclenchèrent le putsch à Alger lance un appel à De Gaule. Considéré comme le seul homme pouvant faire face à cette crise. R. Coty le rappelle à la tête du gouvernement et il reçoit une large majorité à la Chambre le 1er juin 1958. Dès septembre 1958, un projet de constitution est présenté par référundum et adopté avec 80% de oui. Il est élu dans la foulée Président de la République et est en janvier 1959 le premier Président de la cinquième république.
Avec Michel Debré pour premier ministre, il s’occupe en premier lieu du règlement de la guerre d’Algérie ( il a trompé, par ses discours en Algérie, un grand nombre de français d’Algérie et de musulmans ) et la reconnaissance de l’indépendance de ce pays.
Il cherche à redresser l’économie ( par la rigueur budgétaire, la création du franc lourd, etc….).
En avril 1962, Pompidou remplace Debré comme premier ministre. De Gaule qui désirait renforcer l’autorité présidentielle fait voter par référundum, une réforme constitutionnelle promulguant l’élection du président de la république au suffrage universelle. Son action fut constamment guidée par le souci de rendre à la France son rang de grande puissance internationale.
Il chercha à moderniser le pays en profitant de l’expansion économique. Au niveau de la politique étrangère, De Gaule contribua à un rapprochement avec la Chine et l’URSS, empêcha l’ahésion de la Grande Bretagne à la CEE, conclut des accords de coopération avec l’Allemagne. Il fait par ailleurs retirer la France de l’Alliance Atlantique.
Il se fait réélire aux élections présidentielles de 1965 mais n’obtient que 55% des voix face au socialiste François Mitterrand au second tour.
Lors de la crise de mai 1968, De Gaule a envie de se retirer, mais la grande victoire de la droite aux élections de 1968 ( qui suivit la dissolution de l’Assemblée nationale ) le rassure.
L’année suivante le 27 avril 1969, il propose un référundum sur la régionalisation de la France et la réforme du sénat est repoussé par les électeurs à 53,2% des suffrages.
Il démissionne alors et se retire de la vie politique à Colombey-les-Deux-Eglises.
* Georges Pompidou ( 1969 - 1974 )
Est né le 5 juillet 1911 à Montboudif ( Cantal ). Etudiant à Normale supérieure, il est reçu premier à l’agrégation de Lettres en 1935. Il est promu alors professeur de Lycée à Marseille puis à Versailles.
Pendant l’occupation, il occupe cette profession sans prendre part à la résistance. A la libération, un ami le fait rentrer dans le cabinet de De Gaule, chargé des questions de l’information et de l’éducation. Il devient ensuite auditeur au Conseil d’Etat, secrétaire général de la Fondation Anne de Gaule ( avril 1946 ), puis chef du cabinet de De Gaule ( avril 1948 ).
En 1953 alors que De Gaule s’est retiré de la vie politique, il rentre à la banque Rothchild. Il reprend le titre de directeur de cabinet de De Gaule au retour politique de celui-ci en 1958. Il est alors nommé ministre des Finances par De Gaule et il entrera en contact avec le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne pour préparer les négociations qui mettrons fin à la guerre d’Algérie.
En 1962, Pompidou devient premier ministre de De Gaule et occupe ce poste jusqu’en 1968. Il s’efforce de moderniser l’économie et de stabiliser le franc. Il doit faire face à la crise de mai 1968, où il tente de jouer l’apaisement. Les négociations avec le patronat et les syndicats mèneront aux accords de Grenelle ( 26 mai 1968 ) qui portent sur les salaires, les conditions de travail et la liberté d’expression dans l’entreprise.
Après la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 1968 à la suite de ces évènements, la droite remporte les élections mais De Gaule choisit Couve de Murville comme Premier Ministre. Après la démission de De Gaule, Pompidou est candidat aux élections présidentielles avec le soutien des gaullistes et des républicains indépendants. Il l’emporte contre Alain Poher au second tour. Jacques Chaban Delmas est nommé Premier ministre.
Durant son mandat, il prend une part active à la politique intérieure ( modernisation industrielle, développement culturelle, programme énergétique ) et extérieure ( arrivée de la Grande Bretagne dans la CEE ). Chaban-Demas démissionne en 1972 et est remplacé par Pierre Mesmer. Atteint par un cancer, Pompidou décède le 1er Avril 1974 pendant son mandat.
* Valéry Giscard d’Estaing ( 1974 - 1981 )
Est né le 2 février 1926 à Coblence en Allemagne. Après des études brillantes ( polytechnique, ENA ) entrecoupées d’un engagement aux campagnes d’Alsace et d’Allemagne ( il eut la croix de guerre ), il devient inspecteur des finances. En 1954, il entre au cabinet d’Edgard Faure, alors ministre des Finances où il devient directeur adjoint. Il suit ce dernier quand il est élu Président du Conseil. Giscard est ensuite élu député en décembre 1955 dans la deuxième circonscription du Puy-de -Dôme et s’inscrit à l’Assemblée nationale dans le groupe d’Antoine Pinay ( droite modérée ). En juin 1958, il vote pour l’investiture du gouvernement De Gaule.
Le 9 janvier 1959, il devient le plus jeune membre du gouvernement de De Gaule à 32 ans comme secrétaire d’Etat au Budget. Le 19 janvier 1962, Debré le nomme ministre des Finances , fonction qu’il conserve jusqu’en 1966.
Il retourne à l’inspection des Finances tout en gardant des liens étroits avec la vie politique. Réélu député en 1967, il prend la tête du groupe des Indépendants à l’Assemblée nationale et est élu à la présidence de la commission des Finances. En 1969, lors du référundum sur la régionalisation et de la réforme du sénat, Giscard prend position contre De Gaule. Après la démission de ce dernier, Giscard fait campagne pour Pompidou avec l’assurance de retrouver sa fonction de ministre des Finances. Un proche de Pompidou, Jacques Chirac deviendra secrétaire d’Etat au Budget. Giscard orchestre alors la dévaluation du franc ( août 1969 ) et lance l’emprunt Giscard.
A la mort de Pompidou, il se porte candidat contre Mitterrand à l’élection présidentielle. Il l’emporte avec 50,81% des suffrages exprimés. J. Chirac est nommé Premier Ministre.
Quelques réformes marques seront appliquées: droit de vote à 18 ans, légalisation de l’I.V.G, réforme de l’ORTF…
Le gouvernement doit faire face à la croissance du nombre de chômeurs ( 1 million en 1975 ) et à des conflits politiques. Chirac démissionne en août 1976 et est remplacé par Raymond Barre. Ce dernier se consacrera aux problèmes économiques tandis que Giscard s’occupera des affaires extérieures, notamment du rapprochement avec l’Afrique et des problèmes communautaires.
Affaibli notamment par l’affaire des cadeaux que l’ancien empereur de Centrafrique lui avait offerts ( les diaments de Bokassa ), Giscard est battu aux élections présidentielles par François Mitterrand en 1981.
* François Mitterrand ( 1981 - 1995 )
Est né à Jarnac ( Charente ). Il est militant à la Jeunesse Etudiante Chrétienne, puis aux Volontaires Nationaux ( mouvement de jeunesse des Croix de Feu, ligue nationaliste ). Il fait ses études de droit et de sciences politiques et devient titulaire d’un diplôme d’étude supérieure de droit public.
Blessé en 1940, prisonnier, il s’évade en décembre 1941 et rejoint Vichy où il travaille notamment pour le commissariat général aux prisonniers. Il s’engage dans la Résistance lors de l’entrée des allemands dans la zône libre.
En 1945, il adhère à l’Union Démocratique et Socialiste de la Résistance, groupement organisé par différentes organisations de la Résistance. Il est élu député de la Nièvre en 1946 sur un programme modéré. En janvier 1947, il est nommé ministre des Anciens Combattants dans le cabinet de Paul Ramadier, puis obtient le ministère de la France d’Outre-Mer.
En 1951, il prend le contrôle de l’UDSR. Nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Mendes France, il cherche à faire évoluer le statut des musulmans. Mais lors des débuts de l’insurrection algérienne, il se déclare favorable à l’Algérie Française.
En 1956, il devient Garde des Sceaux dans le gouvernement de Guy Mollet et il défend une attitude de conciliation en Algérie. Le retour de De Gaule en 1958 marque la fin de l’UDSR et la défaite aux législatives. Mitterrand entre au sénat en 1959 et devient maire de Château-Chinon.
En 1965, il se porta candidat de la gauche contre De Gaule et perdit avec 44,8% des suffrages exprimés au second tour. En 1971, il est élu secrétaire général du parti socialiste au congrès d’Epinay et signe dans la foulée le programme commun de gouvernement avec le PCF et les radicaux de gauche ( juin 1972 ). Aux élections présidentielles de 1974, Mitterrand est battu au second tour avec 49,19%des voix par Giscard.
Après cette défaite les communistesbrisent l’Union de la Gauche. C’est sans leur soutien que Mitterrand se présente en 1981 contre Giscard ( avec comme slogan ” la force tranquille ” ) et se fait élire avec 52,2% des suffrages exprimés. Pierre Mauroy est nommé premier ministre et les élections législatives qui suivent les 14 et 21 juin 1981 permettent aux socialistes de s’assurer la majorité absolue. Quatre communistes font leur entrée dans gouvernement de Mauroy. D’importantes réformes sont appliquées comme l’abolition de la peine de mort, le programme de nationalisation, la création de l’impôt sur les grandes fortunes, la loi de décentralisation, la retraite à 60 ans, etc…
La politique de relance de l’économie par la consommation, dans le contexte de récession internationale n’a pas les effets escomptés et ne fait pas diminuer le chômage, tout en isolant la France de ses partenaires européens. Ceci marqua un tournant dans le premier septennat de Mitterrand qui remplace au poste de premier ministre Mauroy par Laurent Fabius ( mars 1983 ) et passa à une politique de rigueur.
La défaite aux législatives de 1986 avec la nommination de Chirac contribue à redorer l’image de Mitterrand et divise la droite.
Le 8 mai 1988, Mitterrand est réélu face à Chirac au second tour ( 54,01% des voix ). La dissolution de l’Assemblée nationale permet au PS de gagner une majorité relative aux élections législatives. Michel Rocard, qui n’a jamais été un proche de Mitterrand, est nommé premier ministre.
Quelques réalisations importantes sont à relever comme l’instauration du RMI, la CSG, etc…
En mai 1991, Edith Cresson remplace Rocard au poste de premier ministre. Très mal reçue par l’opinion, sans autorité sur le gouvernement, elle est à son tour remplacée par Pierre Bérégovoy en avril 1992. Sa nommination n’empêcha pas la droite de remporter les élections législatives de mars 1993.
Edouard Balladur, proche de J.Chirac et ancien ministre de l’économie prend alors le poste de premier ministre. Les deux dernières années du second mandat de Mitterrand sont marqués par des scandales financiers, le suicide de Bérégovoy et par des révélations sur son passé de Vichy. Il se déclare par ailleur atteint d’un cancer en 1993.

François Mitterrand : né le 26 Octobre 1916 - décédé le 08 Janvier 1996
* Jacques Chirac ( 1995 - 2007 )
Est né à Paris le 29 novembre 1932. Ses parents sont issus de familles d’agriculteurs de Corrèze (Sainte-Féréole, ses grands-parents étant instituteurs). Il suit ses études à Paris (lycée Carnot et lycée Louis-le-Grand où il obtient son Bac). Il sort diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris en 1954. Il milite au Parti communiste et vend l’Humanité. Entre temps il se fiance à Bernadette Chodron de Courcel le 17 octobre 1953 (famille du général Koenig). Il épouse Bernadette le 16 mars 1956 et auront deux filles Laurence (68) et Claude (62). Il part au service militaire en 1956 et 1957 et se trouve affecté au 2me chasseur d’Afrique lors de la guerre d’Algérie. Il rentre le 3 juin 1957 et intègre la même année l’ENA (classé 10me en 1959 ). Sa promotion est affectée en Algérie, auprès du directeur général de l’Agriculture, Jacques Pélissier. Il est ensuite auditeur à la Cour des comptes puis chargé de mission en 1962 au cabinet de Georges Pompidou, alors Premier Ministre. Il devient conseiller référendaire à la Cour des comptes. Elu conseiller municipal de Sainte-Féréole, il est chargé ensuite de soutirer une circonscription aux communistes à Ussel, ce qu’il fait. Jacques Chirac devient secrétaire d’Etat à l’Emploi en 1967.
Il sera dans tous les gouvernements jusqu’en 1974. C’est à lui qu’on doit la création de l’ANPE . En mai 68, il participe aux Accords de Grenelle puis entre dans le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing en tant que Secrétaire d’Etat à l’Economie et aux Finances. En 1972, il est Ministre de l’Agriculture et est très populaire parmi les agriculteurs. En 1974, il est Ministre de l’Intérieur. A la mort de Pompidou, il soutient Valéry Giscard d’Estaing contre Jacques Chaban-Delmas. VGE va le nommer Premier Ministre mais lui impose certains Ministres que Jacques Chirac n’apprécie guère comme étant des anti-gaullistes. De plus, le parti gaulliste (l’UDR) n’apprécie guère les initiatives de Giscard (vote à 18 ans, loi sur l’avortement, etc…). La tension est de plus en plus vive entre Giscard et Chirac, ce dernier démissionne le 25 août 1976.
Il crée ensuite le RPR (Rassemblement pour la République) et se présente à la Mairie de Paris qu’il remporte le 20 mars 1977. Il renforce le RPR qui domine désormais l’UDF (Union pour la démocratie française) et critique volontiers le gouvernement. Un peu plus tard, les élections européennes sont un échec pour Chirac en 1979. Lors des présidentielles de 1981 , il prône déjà la réduction des impôts mais le duel sera finalement Giscard d’Estaing et Mitterrand. On se demande à l’époque si Chirac ne souhaitant plus voir Giscard d’Estaing à la tête de l’Etat, n’aurait pas influencé le vote de ses partisans en faveur de Mitterrand… Les législatives suivantes voient l’affaiblissement du RPR.
Chirac vote pour l’abrogation de la peine de mort. Sa popularité s’accroît, notamment en tant que Maire de Paris pour ses actions (personnes âgées, handicapés, destruction de quartiers populaires…). En 1983, il est à nouveau Maire de Paris et les législatives de 1986 amènent une Première dans la République Française : la cohabitation. Les ministres chiraquiens lui créent bien des problèmes (Alain Devantier mais aussi Pasqua détesté à gauche). En 1988, il se présente à nouveau aux Présidentielles, sa défaite est cuisante. En 1989, il est toujours à la mairie de Paris et se déclare contre une monnaie unique en Europe. Les élections législatives de 1993 apportent une immense victoire à la droite. Balladur devient Premier Ministre : c’est la seconde cohabitation. Balladur devient très populaire et se présente aux élections présidentielles de 1995. Celui-ci est soutenu par Charles Pasqua et Nicolas Sarkozy. Jacques Chirac, lui, est soutenu par Philippe Seguin, Alain Juppé et Alain Madelin. Chirac finit par devancer Balladur et face au candidat socialiste Jospin, remporte finalement l’Elysée. Il nomme Alain Juppé Premier Ministre. Dès son arrivée au pouvoir suprême, sa première décision est de reprendre les essais nucléaires au beau milieu des Commémorations d’Hiroshima et de Nagasaki. Le tollé est général contre la France. Il mène une politique de rapprochement vis-à-vis des pays arabes et la France réintègre l’OTAN. Juppé est très impopulaire, ce qui provoque d’immenses grèves. Il provoque une dissolution de l’Assemblée Nationale le 21 avril 1997 , personne ne comprend ce geste et c’est une catastrophe pour son camp. Il doit nommé Lionel Jospin le socialiste, Premier Ministre. C’est donc la troisième cohabitation. C’est durant cette période qu’apparaissent les affaires du RPR (commissions versées contre accords d’appels d’offres) et de la Mairie de Paris (faux électeurs du Vme arrondissement, l’affaire des frais de bouche : 2,13 millions d ‘euros entre 1987 et 1995…).
Jacques Chirac se voit menacé d’être traduit devant la Haute Cour mais la motion est rejetée : le Président a un statut d’immunité. Le septennat est transformé en quinquennat. De nouvelles élections présidentielles arrivent alors que le Premier Ministre socialiste est très haut dans les sondages. La campagne de Chirac est basée sur le thème de la baisse des impôts et de l’insécurité. Le 21 avril 2002 , c’est un coup de tonnerre chez tous les Français. Chirac est opposé à Jean-Marie Le Pen pour le second tour. Il remporte l’élection grâce notamment aux voix socialistes puisque son score sera de 82,21 % alors qu’au premier tour il atteignait tout juste les 19 %. A nouveau Président de La République, il nomme son nouveau Premier Ministre : Jean-Pierre Raffarin. L’UMP est à nouveau majoritaire à l’Assemblée. Son deuxième mandat sera au plan de la politique étrangère, connu pour son action contre la guerre en Irak.
En 2004, son Premier Ministre est au plus bas dans les sondages. Lors du référendum pour la Constitution Européenne, le non l’emporte largement. Raffarin démissionne et à sa place est nommé Dominique de Villepin en mai 2005. Le 2 septembre, Jacques Chirac est victime d’un accident vasculaire cérébral. Fin 2005, les sondages pour le Président sont catastrophiques. La révolte des banlieues et les mobilisations étudiantes contre le CNE mettent Jacques Chirac et son gouvernement en difficulté.
Le 11 mars 2007 il annonce lors d’un discours télévisé qu’il ne se présentera pas à l’élection présidentielle de 2007 et que par conséquent il ne briguera pas de troisième mandat : « Je ne solliciterai pas vos suffrages pour un nouveau mandat », ajoutant : « Au terme du mandat que vous m’avez confié, le temps sera venu pour moi de vous servir autrement ».
* Nicolas Sarkozy ( 2007 - 2012 )
Nicolas SARKOZY
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
Né le 28 janvier 1955 à Paris XVIIème, marié, trois enfants, ancien avocat au barreau de Paris. Études : Maîtrise de droit privé (1978)
Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (1981)
DEA de Sciences Politiques avec mention (mémoire sur le Référendum du 27 avril 1969), Institut d’Études Politiques de Paris (1979-1981)
FONCTIONS POLITIQUES
Conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine en 1977, Maire de Neuilly-sur-Seine de 1983 à 2002, Vice-Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine, chargé de l’enseignement de la culture (1986-1988), député des Hauts-de-Seine (6ème circonscription) de 1988 à 2002, élu Président du Comité départemental du RPR des Hauts-de-Seine le 3 mai 2000. Elu Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine le 1er avril 2004, Ministre du Budget (1993-1995) et de la Communication (1994-1995), porte-parole du Gouvernement (1993-1995), secrétaire national du RPR, chargé de la Jeunesse et de la Formation (1988), secrétaire national du RPR, chargé de l’Animation, de la Jeunesse et de la Formation (1989), co-directeur de la liste d’union pour les Élections européennes (1989) - Secrétaire Général Adjoint du RPR, chargé des Fédérations (1992-1993), membre du Bureau Politique du RPR (depuis 1993), coordonnateur et porte-parole de l’équipe de transition (10 juillet 1997) Secrétaire général du RPR (6 février 1998), Président par intérim du RPR (avril 1999-octobre 1999), tête de la liste RPR-DL pour les Élections européennes de juin 1999. Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés Locales (2002/2004), Ministre d’Etat, ministre l’Economie, des Finances et de l’Industrie (2004 - 2005), dent du Conseil général des Hauts-de-Seine, élu président de l’UMP le 28 novembre 2004, Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du Territoire (mai 2005 - mars 2007), candidat à l’élection présidentielle (14/01/07), démissionne du gouvernement en mars 2007
Obtient 31,18% des voix au premier tour de l’élection présidentielle le 22 avril 2007.
Élu président de la République française avec 53,06% des voix le 06 mai 2007, démissionne de la présidence de l’UMP le 14 mai 2007.
*Hommes célèbres de la République Française
* Léon Gambetta ( 1838 - 1882)
Né le 2 avril 1838 à Cahors ( Lot ) dans une famille italienne, Léon Gambetta, monté à Paris pour y chercher fortune. Il incarne les débuts de la Troisième République. Il devient célèbre en 1868 après sa plaidoirie dans le proçès Baudin.
Il est élu député l’année suivante sur un programme qui en fait le porte-parole des Républicains les plus intransigeants. Le véritable chef du radicalisme, c’est lui. Tribun magnifique, orateur chaleureux, Gambetta à l’occasion des élections de 1869, fit connaître son programme de Belleville. Ce dernier devait devenir mytique et la bible des radicaux pendant près de cinquante ans. A côté des libertés fondammentales, Gambetta y demandait :
- L’école gratuite, laïque et obligatoire.
- L’abolition des monopoles économiques.
Affirmant que ” la forme l’emporte et résout le fond “, il accordait un rôle essentiel à la forme républicaine des institutions et au suffrage universel pour la réalisation des réformes sociales dont avaient tant besoin les classes laborieuses.
Partisan de la guerre à outrance en 1870 - 1871, il est membre du gouvernement à la Défense nationale. Après la défaite de Sedan ( 2 septembre 1870 ), il participe à la journée du 4 septembre au cours de laquelle sont proclamées la chute de l’Empereur et la Troisième République. Ministre de l’Intérieur, il quitte Paris en ballon le 7 octobre pour préparer la résistance à Tours, où il prend également le portefeuille de ministre de la Guerre.
Le 4 septembre 1870, il est avec Jules Favre à la tête des légalistes qui veulent l’établissement de la République dans l’ordre. Bien qu’hostile à la capitulation, il accepte l’armistice en janvier 1871 pour mieux préparer la ” guerre à outrance “. Il démissionne lorsque ses électeurs du Bas-Rhin sont abandonnés à l’Allemagne, mais est réélu en juillet 1871.
Après s’être opposé à Thiers car refusant la une république conservatrice, il devient un politique clairvoyant et attentif aux réalités. Il participe à provoquer la crise du 16 mai 1877 ( qui voit s’opposer le Président Mac-Mahon et le chef du gouvernement J.Simon ), dont il est considéré comme le vainqueur. Mais certains sont jaloux de son succès ( Jules Grévy ), et Gambetta est maintenu à l’écart du pouvoir sauf pendant une courte période de novembre 1881 à janvier 1882 ( pendant laquelle d’ailleurs, il décevra et sera accusé de ” trahir la République” par Clémenceau ).
Il meurt le 31 décembre 1882 , à l’âge de 44 ans d’une septicémie consécutive à un banal accident.
Les deux citations célèbres de Gambetta :
- ” L’avenir n’est interdit à personne “.
- ” Pour gouverner les Français, il faut des paroles violentes et des actes modérés “.
* Alain POHER ( 1909 - 1996 )
Est né le 17 avril 1909 à Ablon sur Seine ( Seine et Oise ), Alain Poher, licencié en droit, diplômé de l’Ecole libre des Sciences Politiques, Ingénieur Civil des Mines, entre au ministère des Finances comme rédacteur entre 1939 et 1941. Résistant dès 1941, après avoir été grièvement blessé au front en 1940. Il participe au réseau ” Libération-Nord “. Il préside en 1944, le comité de libération du ministère des Finances.
Elu maire d’Ablon sur Seine en 1945, il le restera jusqu’en 1983. Chef de cabinet de Robert Schuman, ministre des Finances de juin à novembre 1946, il est élu au premier Conseil de la République de 1946 à 1948, où il est désigné comme rapporteur général de la commission des finances.
En 1948, il est nommé Secrétaire d’Etat aux Finances, puis du Budget dans les gouvernements Shuman et Quenille. Commissaire général aux Affaires allemandes et autrichiennes de 1948 à 1950, il devient délégué de la France et Président de l’Autorité internationale de la Ruhr de 1950 à 1952.
Réélu sénateur MRP de Seine et Oise en 1952, il siège sans interruption au Conseil de la République, puis au Sénat, pendant plus de quarante ans.
Dernier Secrétaire d’Etat à la Marine dans le cabinet de Félix Gaillard de 1957 à 1958 et membre de l’Assemblée parlementaire européenne de 1958 à 1977, il y préside le groupe démocrate chrétien de 1959 à 1966 et l’assemblée elle-même de 1966 à 1969. Il est Président du sénat sans interruption pendant vingt-quatre ans de 1968 à 1992.
Suite à la démission du général De Gaule de présidence de la république, comme le prévoit la constitution de la cinquième répubique, c’est le Président par intérim. Poste qu’il occupa du 28 avril au 19 juin 1969.
En 1969, Alain Poher est candidat au deuxième tour par Georges Pompidou qui obtient 58,21% des suffrages.
Du 2 avril au 19 mai 1974, Alain Poher occupe une nouvelle fois le poste de Président de la République par intérim après la mort de Georges Pompidou.
De 1974 à 1983, Alain Poher est Président de l’Association des Maires de France. En 1989, il est élu pour la dernière fois à la présidence du sénat. Il ne représentera plus. En 1992, il se retire de la vie politique. Il meurt le 9 décembre 1996.
LES SYMBOLES DE LA REPUBLIQUE
































